Je suis comme un corps mort, naufragé sur une île paradisiaque
Je suis comme un corps mort, naufragé sur une île paradisiaque
Vidéo · Installation · Texte · Photographie
1. Une expérience d’origine
« Je suis comme un corps mort, naufragé sur une île paradisiaque » prend naissance dans une expérience simple : une marche solitaire sur l’île de Culatra.
Mais cette marche n’est pas un déplacement.
C’est une dérive.
Un moment où les repères disparaissent,
où le corps se détache de ses habitudes,
où le monde cesse d’être évident.
2. Marcher pour se défaire
Marcher sans destination, sans retour.
Avancer jusqu’à ce que le corps cesse d’être un centre,
jusqu’à ce que le paysage ne soit plus un décor.
La marche devient un processus de transformation.
Une manière de se défaire de soi.
3. Le corps comme lieu d’inscription
Le corps n’est pas ici un point stable.
Il devient surface, passage, exposition.
Un lieu où le monde s’inscrit,
où le poids, le temps et l’expérience laissent des traces.
Habiter ne signifie plus appartenir —
mais être exposé.
4. Un langage en dérive
Le texte qui accompagne le projet n’explique pas l’œuvre.
Il en est une extension.
Les phrases se répètent, se fragmentent, se déplacent.
Le langage devient instable.
Dire « je suis comme un corps mort »
n’est pas disparaître —
c’est suspendre ce qui définit.
5. Entre présence et disparition
Vidéo, photographie, sculpture, installation, voix.
Chaque médium introduit une manière différente de percevoir :
- la durée
- la trace
- la matière
- le silence
L’ensemble ne cherche pas l’unité,
mais construit un champ d’expérience.
6. Paysages traversés
Des images venues d’autres territoires — Cisjordanie, Ukraine, Russie — apparaissent dans le projet.
Non comme documents,
mais comme fragments.
Des présences lointaines qui traversent l’expérience,
introduisant une tension entre le proche et le distant.
Le paysage devient mémoire.
Le monde devient instable.
7. Travailler avec la matière
Les matériaux utilisés sont simples : terre, éléments trouvés, matières minérales.
Rien n’est imposé.
Le geste ne construit pas —
il révèle.
Une forme émerge lentement,
comme si elle était déjà là.
8. Regarder autrement
Le projet propose une autre manière de voir.
Plus lente.
Plus attentive.
Regarder devient un acte.
Le corps n’observe plus le monde —
il est traversé par lui.
9. Un espace de pensée
L’exposition prend place dans un lieu de livres et de réflexion.
Un espace où les mots, les images et les objets coexistent.
Ce n’est pas seulement une exposition.
C’est un lieu où l’on pense avec ce que l’on voit.
10. Se défaire pour habiter
« Je suis comme un corps mort » n’est pas une fin.
C’est un passage.
Un moment où l’on abandonne les certitudes,
où l’on laisse tomber les formes fixes,
où l’on accepte de ne pas savoir.
Habiter le monde, ici,
c’est apprendre à être dans son instabilité.
Et à s’y tenir.






