Marcher sur la Terre
Marcher sur la Terre
Performance · Installation · Vidéo
1. Un geste en construction
« Marcher sur la Terre » se développe comme une pratique artistique située, où le corps, la matière et le territoire se rencontrent dans un processus continu de transformation.
Plus qu’une œuvre, il s’agit d’un champ d’expérience, où le geste devient visible et où le temps s’inscrit dans la matière.
2. Marcher comme inscription
Un corps traverse l’espace, de manière répétée, entre deux points : la terre et son élévation.
Transporter, déposer, revenir.
Le mouvement se répète.
Chaque déplacement laisse une trace.
Chaque empreinte s’inscrit dans le sol.
Marcher cesse d’être un simple déplacement —
il devient écriture.
3. Le corps comme médiateur
Le corps ne se contente pas d’exécuter une action.
Il agit comme médiateur entre :
- matière et forme
- temps et espace
- geste et sens
La sculpture ne se construit pas d’un seul geste.
Elle émerge progressivement, comme un processus accumulatif, instable et ouvert.
4. La terre comme mémoire
La terre — origine et destination — constitue la matière centrale du projet.
Elle porte en elle le temps.
Temps géologique, historique, symbolique.
Manipulée par le corps, elle devient langage :
une matière qui répond, se transforme et enregistre.
5. Construction et ruine
La performance est traversée par un dispositif audiovisuel.
Une maison en terre s’y dissout lentement jusqu’à disparaître.
Accompagnée par un poème, cette image introduit une autre temporalité —
où construction et ruine coexistent.
La maison cesse d’être abri.
Elle devient question.
6. Parole et matière
Si le corps écrit sur la terre,
la parole s’inscrit dans le champ du langage.
La présence du poème élargit le champ de l’œuvre, en articulant :
- geste
- image
- langage
Une double inscription : physique et symbolique.
7. Une œuvre ouverte
À l’issue du processus, l’œuvre s’ouvre au public.
La matière accumulée — terre, argile — devient accessible à l’intervention.
Le spectateur devient participant.
La sculpture cesse d’être individuelle pour devenir collective,
en transformation continue.
8. L’art comme relation
« Marcher sur la Terre » se déploie comme un espace de médiation :
entre le corps et le territoire
entre expérience individuelle et partage
entre présence et mémoire
L’œuvre ne se fixe pas.
Elle persiste sous forme de trace.
9. Penser par le geste
Plus que produire une forme, le projet propose une manière de penser.
Chaque action laisse une empreinte.
Chaque empreinte contient du temps.
Marcher devient une forme de connaissance —
une manière d’habiter et de comprendre le monde.